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Sam Altman, PDG d'OpenAI, qualifie les inquiétudes concernant la consommation d'eau des centres de données d'IA de « mème sans fondement » et traite les humains « d'ordinateurs de viande inefficaces »

Le , par Patrick Ruiz

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18  0 
Sam Altman, PDG d’OpenAI, qualifie les inquiétudes sur la consommation d'eau des centres de données de « mème sans fondement » ou d'allégations « complètement fausses et folles ». Il s'appuie sur des arguments technologiques et des comparaisons d'échelle économiques. Cependant, plusieurs rapports scientifiques et réalités locales fournissent des contre-arguments solides.

Pour balayer les critiques qui affirment qu'une seule requête ChatGPT équivaut à gaspiller une bouteille d'eau ou à laisser couler une douche pendant plusieurs heures, Sam Altman s'appuie sur deux arguments principaux

  • La comparaison avec l'agriculture (L'argument de l'amande) : Il affirme qu'il faut environ 38 000 requêtes ChatGPT pour consommer la même quantité d'eau nécessaire à la production d'une seule amande en Californie. Son but est de relativiser l'impact de la tech face à la consommation de l'industrie agroalimentaire, souvent moins pointée du doigt par le grand public
  • L'évolution technologique des infrastructures : Altman soutient que les centres de données modernes n'utilisent plus le refroidissement par évaporation (très gourmand en eau). Selon lui, ils fonctionnent désormais en circuit fermé et consomment, à l'échelle d'un bâtiment, autant d'eau qu'un simple immeuble de bureaux (pour les sanitaires et les employés).

De nombreux chercheurs en impact environnemental, journalistes et collectivités locales opposent de sérieuses limites à cette défense

  • L’effet d’échelle mondial : Même si une seule requête ne consomme qu'une infime fraction de millilitre (environ 0,32 ml selon certaines estimations), ChatGPT compte des centaines de millions d'utilisateurs hebdomadaires générant des milliards de requêtes. Multiplié à l'échelle planétaire et combiné à tous les autres outils d'IA générative, ce "micro-usage" se transforme en millions de mètres cubes d'eau prélevés chaque année.
  • L’impact critique au niveau mondial : Comparer les centres de données à l'agriculture globale masque un problème géographique majeur. Contrairement aux bureaux, les data centers sont concentrés dans des zones spécifiques (comme la Virginie aux États-Unis ou certaines régions d'Europe). Dans des zones subissant des sécheresses ou un stress hydrique, le prélèvement de millions de litres d'eau potable directement sur le réseau public crée de fortes tensions avec les populations locales et les écosystèmes.
  • L’empreinte hydrique cachée : L'argument d'Altman omet souvent l'eau "indirecte". Pour faire fonctionner les serveurs d'IA, il faut une quantité phénoménale d'électricité. Or, les centrales électriques (nucléaires, thermiques ou hydrauliques) qui alimentent ces centres de données ont elles-mêmes besoin de milliards de litres d'eau pour refroidir leurs propres installations. C'est ce qu'on appelle l'empreinte hydrique hors-site, qui est bien supérieure à celle consommée directement dans le bâtiment de l'IA.
  • Une fausse équivalence sur l’utilité : La comparaison avec l'amande ou le bœuf suscite une critique éthique et utilitaire de la part des défenseurs de l'environnement : l'agriculture produit des ressources caloriques vitales pour nourrir l'humanité. À l'inverse, une part immense des requêtes d'IA sert à générer du divertissement, des courriels superflus ou des images "mèmes", rendant le coût environnemental plus difficile à justifier face à des ressources naturelles épuisables.

La défense de Sam Altman semble très alambiquée dans un contexte où de nombreux observateurs s’accordent à dire que « on n’a jamais vu un tel niveau d’opposition aux projets de datacenters »

Les datacenters font l’objet de protestations à l’échelle mondiale. Les mobilisations contre les datacenters, qui concernent une quinzaine de projets majeurs pour le seul cas de la France, reposent sur plusieurs arguments et actions clés :

  • Aberration écologique : Les critiques soulignent l'immense appétit énergétique des centres de données. Par exemple, le plus grand data center de France, situé à La Courneuve (Île-de-France), consomme à lui seul l'équivalent de l'électricité d'une ville de 50 000 habitants. De plus, les besoins massifs en eau pour le refroidissement et la chaleur rejetée inquiètent les riverains, comme c'est le cas pour le projet Microsoft à Petit-Landau (Haut-Rhin)
  • Artificialisation des sols : Des collectifs s'opposent à la transformation de terres agricoles ou de zones naturelles pour bâtir ces hangars géants.

Plusieurs implantations prévues ou en développement cristallisent la colère citoyenne. Des oppositions concrètes sont visibles dans des zones comme Petit-Landau, près de Grenoble, ou encore en Île-de-France (Vitry-sur-Seine, Wissous, Le Bourget).

Les militants s'organisent donc via des collectifs locaux pour exiger la transparence sur les consommations et alerter l'opinion publique, aboutissant parfois à des recours juridiques ou des actions de sensibilisation.

L'essor de l'intelligence artificielle a multiplié les besoins en infrastructures numériques, entraînant une explosion des contestations locales. Le bilan mondial des oppositions se chiffre en milliards de dollars de projets bloqués ou retardés, illustrant un fossé grandissant entre les besoins technologiques des Gafam et les exigences citoyennes de préservation des ressources.

L'opposition dépasse désormais le cadre des riverains directs et a rallié une grande majorité de la population. Selon les sondages, plus de 70% des Américains s'opposent à la construction de centres de données d'IA dans leurs communautés locales.

En France, l'opposition prend également de l'ampleur, le pays comptant plus de 320 datacenters. De grands projets d'implantations (notamment en Île-de-France et en région Grand Est) provoquent des mobilisations citoyennes massives, récoltant des milliers d'avis défavorables lors d'enquêtes publiques en raison de l'accaparement de terres agricoles et des rejets de chaleur.

Pourtant des acteurs de renom de la filière parmi lesquels on retrouve Sam Altman trouvent des moyens de défendre les projets de datacenters. Pour défendre l'explosion de la consommation électrique des infrastructures de calcul, Altman a utilisé une analogie anthropomorphique qui a fortement déplu : « On parle beaucoup de l'énergie nécessaire pour entraîner un modèle d'IA, mais il faut aussi beaucoup d'énergie pour entraîner un humain. Il faut environ 20 ans de vie — et toute la nourriture consommée pendant ce temps — avant de devenir intelligent. »


Cette comparaison a suscité une levée de boucliers. Des critiques et des entrepreneurs du secteur technologique ont condamné ses propos, l'accusant de réduire l'existence, la conscience et la biologie humaines à de simples équivalents de « serveurs ou d'ordinateurs de viande inefficaces ».

Et vous ?

Que pensez-vous de l’argumentaire de Sam Altman dans un contexte de contestation généralisée et croissante à laquelle font face les projets de construction de centres de données ? Le trouvez-vous (l’argumentaire de Sam Altman) pertinent ?

Voir aussi :

La rébellion contre les centres de données dédiés à l'IA prend de l'ampleur aux États-Unis : 69 collectivités locales bloquent les nouvelles constructions, dont quatre ont adopté des mesures définitives

Pour la première fois, une ville californienne vote à une large majorité en faveur d'une interdiction définitive des centres de données, les habitants s'inquiétant de leurs effets négatifs sur l'environnement

Amazon, Microsoft et Google ont renoncé à la construction de centres de données de plusieurs milliards $ en raison de l'opposition locale et font face à des pressions concernant leur impact environnemental
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Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 12/09/2026 à 13:17
calvaire,

on ne va pas être d'accord

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
plutôt que de critiquer openai et autres, ces critiqueurs devrait simplement arrêter d'utiliser l'ia, si la majorité de l'humanité et contre ils n'ont qu'a pas l'utiliser et la construction des centres de données s’arrêtera.
C'est assez facile a dire, mais en réalité, le problème est qu'il n'y a aucun choix possible. La majorité est dans une situation où ces choix ne sont sont plus possibles. La vue a court terme qui est imposée ne laisse aucun choix.

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Si une majorité était réellement convaincue la voiture électrique total n'existerais plus et la Russie serait à genoux.
Pourtant une grande majorité de consommateur aiment encore leur voitures au diesel et chaque jours aiment lancer des requêtes sur chatgpt et autres.
La voiture électrique est une hérésie, tout comme l'était la voiture thermique, tout comme il est absurde de prendre l'avion pour aller passer l'après-midi au lac de côme pour 25€ le billet et rentrer le soir. L'homme consomme trop, pour... rien en fait. Rien d'essentiel en tout cas. Le bonheur n'est pas d'avoir, et une vie plus simple amène énormément plus de joie qu'une vie passée a courir après tout et n'importe quoi. ChatGPT, les smartphones et tout ces trucs qu'on nous vend comme du progrès amènent à une régression terrible, à un abrutissement généralisé.

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Tel une démocratie au service du peuple, ces entreprises ne font que répondre aux besoins et demande de la masse.
La masse ne demande rien, on lui fait croire qu'elle a besoin de toutes ces choses inutiles et néfastes. Marche ou crève. Regarde ton voisin, jalouse le, et essaye d'avoir plus a montrer que lui. Si pour ça tu dois bouffer de la m..... et que personne ne le vois, t'as réussis ta vie... Super.

BàT et peace & love.
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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 23/09/2026 à 13:45
Dans une tour humide à circuit fermé, la consommation d'eau (évaporation+ bleed off) est quand-même de 2000 litres par MWh de chaleur évacuée.

Le centre de données de Google prévu à Châteauroux (1 GW sur 195 hectares) équivaut à la consommation annuelle de 13 ménages chaque heure, ou autant qu'une ville comme Dijon, Orléans, Nancy ou Clermont-Ferrand chaque année.
3  0 
Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 26/09/2026 à 12:42
Ivr,

Citation Envoyé par lvr Voir le message
Il me semble qu'on soit encore dans un des bons sujets NIMBY.
Personne ne veut des data centers chez lui, de leur nuisances sonores, de leur pollution, désastre écologique, ...
Mais tout le monde continue à l'utiliser. Pour tout et pour rien.
A un moment, va falloir être cohérent et arrêter de les utiliser.
Non, tout le monde ne l'utilise pas (l'IA), et tout le monde ne veut pas les utiliser (les datacenter), mais tout est fait pour nous forcer à cela... L'excès nuit en tout.
2  0 
Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 25/09/2026 à 18:25
Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
La protestation contre les centres de données dédiés à l'IA est devenue plus virulente

  • consommation d’électricité.
  • utilisation de l’eau.


L'essor de l'IA génère des besoins énergétiques et hydriques massifs qui pèsent lourdement sur l'environnement.
En 2025, les dommages environnementaux causés par les centres de données ont coûté 25 milliards de dollars à l'économie. Ces chiffres ne correspondent pas à des dépenses médicales directes ou à des impôts, mais reflètent la valeur économique attribuée à la réduction de l'espérance de vie et aux décès prématurés causés par l'impact environnemental de ces installations.

  • particules fines inhalables qui peuvent présenter de graves risques pour la santé des communautés locales,
  • notamment des maladies pulmonaires,
  • des troubles cardiaques et, dans certains cas,
  • des taux plus élevés de mortalité prématurée.
  • L'impact des gaz à effet de serre, quant à lui, se manifeste sur le long terme et représente donc une externalité supportée par les générations futures.
Ce que l'on ne n'entend pas beaucoup (et/ou que le lien n'est pas fait), c'est que ces dépenses énergétiques (sans même compter la consommation d'eau, une ressource plus rare qu'on ne le croit), s'ajoutent aux dégâts collatéraux des guerres Israël/Palestine/Cisjordanie, Ukraine/Russie et USA/Iran, et font partie de l'équation qui mène à la flambée des prix actuel... De même, cette course à l'IA entraîne des pénuries de RAM et autres composants...

Bref, beaucoup de dégât dans le monde réel, là où la bulle IA va faire des ravages incalculable, qu'elle perce (chômage, etc) ou pas (pertes d'investissement si éclatement de la bulle). Ajoutons le développement d'armes boostés à l'IA, qui ne font que prolonger les guerres ci-dessus, dont les victimes sont les pauvres bougres qu'on envoie se faire dégommer dès leur arrivée au front.

Je ne sais pas vous, mais moi, plus le temps passe, plus je pense que l'IA est un cancer qui se généralise. Il serait grand temps de n'en garder que la substantiel moelle, et d'en finir avec le reste. Vœu pieu, je sais, mais qui serait salutaire au plus grand nombre.

C'est juste mon avis, chacun a le sien et c'est très bien ainsi.
BàV et Peace & Love.
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Avatar de lvr
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 25/09/2026 à 20:24
Il me semble qu'on soit encore dans un des bons sujets NIMBY.
Personne ne veut des data centers chez lui, de leur nuisances sonores, de leur pollution, désastre écologique, ...
Mais tout le monde continue à l'utiliser. Pour tout et pour rien.
A un moment, va falloir être cohérent et arrêter de les utiliser.
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Avatar de calvaire
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 11/09/2026 à 14:53
plutôt que de critiquer openai et autres, ces critiqueurs devrait simplement arrêter d'utiliser l'ia, si la majorité de l'humanité et contre ils n'ont qu'a pas l'utiliser et la construction des centres de données s’arrêtera.

Si une majorité était réellement convaincue la voiture électrique total n'existerais plus et la Russie serait à genoux.
Pourtant une grande majorité de consommateur aiment encore leur voitures au diesel et chaque jours aiment lancer des requêtes sur chatgpt et autres.

Tel une démocratie au service du peuple, ces entreprises ne font que répondre aux besoins et demande de la masse.
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