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Les entreprises technologiques ne tiennent pas leurs promesses en matière de développement durable,
Il y a peu d'actions concrètes et les déclarations d'intention relèvent plus de l'écoblanchiment

Le , par Mathis Lucas

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La notion de durabilité est devenue une préoccupation majeure dans le monde et les organisations technologiques ont promis de l'intégrer à leurs activités et chaînes de valeur. Cependant, des preuves anecdotiques montrent que les organisations ont du mal à accompagner les déclarations d'intention en matière de développement durable d'actions concrètes. Les entreprises sont accusées d'écoblanchiment et de nombreux experts pensent qu'elles investissent dans la mauvaise solution de durabilité. D'autres affirment que les investissements dans les technologies vertes et les énergies renouvelables sont insuffisants. Ils appellent à plus d'initiatives en matière de durabilité.

Les experts déplorent le manque d'actions en faveur de l'informatique durable

Bien que la technologie ait relativement permis de réduire les émissions - pensez à l'impact environnemental d'une réunion avec un client par appel vidéo plutôt que de prendre l'avion pour l'autre bout du monde ou d'avoir une main-d'œuvre à distance qui ne se rend pas au bureau tous les jours -, il n'en reste pas moins que la technologie a un fort impact sur l'environnement. Les fabricants d'appareils, le cloud computing, les centres de données, l'intelligence artificielle (IA), et bien d'autres encore font partie des plus gros pollueurs de la planète, notamment à travers leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2) et leur consommation d'énergie.


Pourtant, la notion d'informatique durable existe. Également connue sous le nom d'informatique vert, l'informatique durable couvre la fabrication, l'utilisation, la gestion et l'élimination des technologies de l'information d'une manière qui minimise leur impact sur l'environnement. Ainsi, le fait d'être "écologique" n'est plus un petit plus positif que vous pouvez dire à propos de votre entreprise. Il s'agit de moins en moins d'un différentiateur concurrentiel et de plus en plus d'une exigence dans l'environnement commercial d'aujourd'hui. Mais les entreprises technologiques, notamment les Big Tech, sont critiquées sur la mise en œuvre de cette notion.

Au sens large, la durabilité fait référence à la capacité de maintenir ou de soutenir un processus de manière continue dans le temps. Dans les contextes commerciaux et politiques, la durabilité vise à prévenir l'épuisement des ressources naturelles ou physiques, afin qu'elles restent disponibles à long terme. Il s'agit d'une équation épineuse que les fabricants d'appareils doivent résoudre. Ils doivent faire des efforts considérables pour réduire leur impact sur l'environnement grâce à la gestion du cycle de vie des produits, à la gestion des déchets électroniques et à la mise en œuvre de pratiques de fabrication (ou de chaînes de production) plus durables.

Selon le forum international sur les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), la montagne mondiale de produits électroniques mis au rebut pesait 57 millions de tonnes pour la seule année 2021. En 2022, 5,3 milliards de téléphones portables auraient été jetés. Cette estimation, fondée sur les données du commerce mondial, met en évidence le problème environnemental croissant des déchets électroniques. En outre, moins de 20 % des déchets électroniques seraient recyclés.

Les fabricants d'appareils et les questions de développement durable

Certains fabricants d'appareils laissent penser qu'ils répondent "parfaitement" aux préoccupations en matière de développement durable. Mais dans un rapport publié récemment par le fabricant d'ordinateurs portables Framework, il affirme que les choses loin d'être aussi simples. Framework a demandé au cabinet d'étude allemand Fraunhofer IZM de réaliser une analyse détaillée du cycle de vie de son ordinateur portable Framework Laptop 2022. Selon Framework, cet ordinateur portable est conçu pour être évolutif, réparable et personnalisable. L'unité fonctionnelle utilisée dans le cadre de l'étude est l'utilisation de cet ordinateur portable pendant 5 ans.


Bien que l'ordinateur portable soit modulaire et réparable, l'étude a supposé qu'il n'y avait pas de défaillance du produit et donc pas de réparation. Elle a supposé que la configuration comprenait 16 Go de mémoire, 256 Go de stockage et deux cartes d'extension avec des connecteurs USB-A et USB-C. En outre, l'étude ne calcule que l'empreinte environnementale de l'appareil en matière de potentiel de réchauffement de la planète et d'épuisement des ressources ; la consommation d'énergie de l'appareil n'est pas prise en compte par les chercheurs de Fraunhofer IZM. Néanmoins, l'étude est intéressante pour sa ventilation détaillée des composants.

Par exemple, elle a révélé que l'écran et les circuits électroniques sont responsables des dommages environnementaux les plus importants. L'impact environnemental total du Framework Laptop 2022 est estimé à 200 kg d'équivalent CO2 (CO2e). Près de 70 % de ce chiffre est imputable à la phase de production. En commentant le rapport, Framework reconnaît les difficultés à la mise en place et au suivi d'une politique en matière de développement durable pour les fabricants d'appareils. « Nous ne sommes pas durables ! Et aucun autre fabricant d'appareils ne l'est non plus », a déclaré Framework, tout en mettant en garde contre l'écoblanchiment.

Framework a ajouté que la question des déchets électroniques est loin d'être résolue [malgré les efforts en matière de réparabilité et l'harmonisation de certaines normes (comme la récente législation de l'UE sur le chargeur unique)]. « Cette industrie est pleine de messages positifs, mais elle génère 50 millions de tonnes de déchets électroniques chaque année. Nous pensons que la meilleure façon de réduire l'impact environnemental est de créer des produits qui durent plus longtemps, ce qui signifie que moins de nouveaux produits doivent être fabriqués. Au lieu d'agir sur la base de sentiments, nous agissons sur la base de données et d'actions », a-t-il déclaré.

Le cloud computing face aux enjeux du développement durable

Le cloud computing classique consiste à déplacer les services informatiques des postes de travail traditionnels vers des centres de données hors site, ce qui permet aux utilisateurs d'accéder à l'infrastructure à la demande tout en réduisant les besoins d'installation et de maintenance sur site. Le cloud computing durable quant à lui va plus loin en exploitant les sources d'énergie renouvelables pour minimiser les émissions de carbone. Les centres de données jouent un rôle essentiel dans les solutions de cloud computing, qu'elles soient vertes ou traditionnelles. Les centres de données fournissent les ressources essentielles pour une performance optimale.


De récentes données suggèrent que la consommation électrique globale des centres de données correspond presque à la consommation annuelle d'un pays de la taille de l'Espagne. L'adoption d'un modèle de cloud computing durable pourrait permettre de réduire considérablement les émissions de CO2 sur le plan mondial. Selon les estimations, une telle transition pourrait entraîner une réduction de 5,9 % des émissions totales des technologies de l'information, ce qui équivaut à retirer 22 millions de voitures de la circulation. Cependant, les analystes soulignent que les entreprises technologiques n'investissent pas assez dans ces solutions.

Des experts ont aussi constaté que l'augmentation de la puissance de calcul n'entraîne pas nécessairement une hausse correspondante de la consommation d'énergie. Par exemple, une étude réalisée en 2020 (intitulé "Recalibrating global data center energy-use estimates") a révélé qu'une augmentation de 550 % de la puissance de calcul n'entraînait qu'une hausse de 6 % de la consommation d'énergie des centres de données. Cela démontre les résultats prometteurs de l'intégration de pratiques écologiques dans le cloud computing. En mars 2021, l'IDC a rapporté que le cloud pourrait empêcher l'émission d'un milliard de tonnes de CO2 d'ici 2024.

Cependant, certains critiques ont remis en cause les données de ce rapport. Les centres de données consomment énormément d'énergie et très peu utilisent des sources d'énergie renouvelable. En 2018, les centres de données ont consommé environ 1 % de la production électrique mondiale, ce qui a augmenté depuis lors. Amazon affirme être sur la bonne voie pour alimenter toutes ses opérations avec 100 % d'énergie renouvelable d'ici 2025. Et Microsoft s'est engagée à ce que 100 % de sa consommation d'électricité soit compensée par des achats d'énergie sans émission de CO2 d'ici 2030. Mais ces déclarations sont controversées et qualifiées d'écoblanchiments.

L'IA pourrait causer des dommages importants à l'environnement

Selon des estimations, les technologies numériques représentent entre 2,1 % et 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), et si la technologie était un pays, elle serait la septième nation la plus polluante au monde. Si l'on combine ces informations avec le fait que le trafic Internet devrait doubler tous les deux ans dans un avenir prévisible, nous nous trouvons dans une situation où l'utilisation de la technologie a un impact significatif sur l'environnement. Cela représente un défi pour les entreprises qui utilisent la technologie pour atteindre leurs objectifs, tout en s'efforçant de combler leur retard en matière de développement durable.

https://youtu.be/iVnOSc6duv8

Dans le cas de l'IA, certains experts estiment que son adoption croissante pourrait avoir des effets dramatiques sur le changement climatique. Ils ont souligné qu'une recherche avec Bard ou ChatGPT coûte probablement 10 fois plus qu'une recherche classique par mot-clé sur Bing ou Google. La consommation d'énergie pourrait être décuplée. La recherche via ChatGPT impliquerait de lancer un énorme réseau de neurones modélisé sur le cerveau humain chaque fois que vous lancez une recherche. Et la nature "va-et-vient" de ChatGPT signifie également que vous interagirez probablement avec lui pendant beaucoup plus longtemps qu'une fraction de seconde.

Selon des chercheurs de l'université du Massachusetts, un seul test d'un grand modèle de langage (LLM) peut produire jusqu'à 283 948 kg de CO2. Cela correspond à 300 allers-retours entre San Francisco et New York. Mieux encore, cela équivaut à cinq fois les émissions totales d'un véhicule moyen pendant sa durée de vie. L'IA est toutefois considérée comme une technologie pouvant aider à trouver des solutions pour résoudre la crise climatique. Par ailleurs, le développement de l'IA requiert des centres de données de très haute performance et surtout voraces en énergie. Il faut ensuite faire appel à des ressources importantes en eau pour les refroidir.

Lorsqu'OpenAI a été interrogé sur la consommation d'énergie et l'empreinte carbone de ChatGPT, l'entreprise a déclaré qu'elle se limiterait à l'énergie consommée par les PC et leurs serveurs respectifs. Le chiffre exact dépend de facteurs tels que l'énergie utilisée pour alimenter les PC et leurs centres de données respectifs. Ce chiffre n'est toutefois pas connu. Selon le Parlement européen, l'industrie technologique produit désormais énormément de déchets, utilise près de 10 % des sources d'électricité mondiales et produit également jusqu'à 5 % des émissions de carbone. Ces chiffres ne sont pas immuables et l'on s'attend à ce qu'ils augmentent de 14 % à l'avenir.

Les entreprises investiraient dans la mauvaise solution climatique

Lors de l'édition 2022 du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, Alphabet, Microsoft et Salesforce se sont engagés à investir environ 500 millions de dollars dans une nouvelle technologie climatique censée extraire le dioxyde de carbone de l'atmosphère pour l'empêcher de réchauffer la planète. Cependant, des experts pensent que l'élimination du CO2 n'est pas la solution idéale contre la crise climatique que le monde traverse et ne répond pas aux enjeux de développement durable. Ils appellent les Big Tech à se concentrer davantage sur des sources d'énergie vertes plutôt que de miser sur la captation du CO2 de l'atmosphère.

https://youtu.be/hyVRtEPKhTY

Ils notent en outre que les projets de compensation, comme la conservation des forêts et la plantation d'arbres, n'ont pas fait leurs preuves en matière de suppression définitive du CO2 de l'atmosphère. De plus, les plans visant à développer le marché de l'élimination du carbone comprennent des efforts pour tenter de le rendre plus fiable que les compensations traditionnelles. Et certains rapports suggèrent que les technologies d’élimination du carbone émettent plus de gaz à effet de serre qu'elles en capturent. Par conséquent, selon les experts du climat, le seul moyen garanti d'éviter d'aggraver la crise climatique est de prévenir la pollution en premier lieu.

Et les grandes entreprises technologiques sont toujours responsables de la création d'une grande quantité de pollution, dont une grande partie pourrait être évitée en passant plus rapidement aux énergies propres. « Cela mérite autant d'attention, sinon plus que celle accordée à l'élimination du CO2 de l'atmosphère », affirment les experts. De son côté, l'ONU estime que "miser sur l'élimination du CO2 pour contrebalancer les émissions résiduelles difficiles à éliminer est inévitable dans les scénarios qui limitent le réchauffement de la planète à un niveau plus acceptable de 1,5 degré Celsius". Mais certains critiques ne sont pas du même avis.

Ils suggèrent que l'élimination du CO2 est plus adaptée aux industries lourdes, comme celle du ciment et de la sidérurgie, qu'à l'industrie informatique. Pour eux, les entreprises informatiques peuvent passer plus rapidement aux énergies vertes. Ils pensent que les Big Tech devraient miser sur les énergies vertes et non sur l'élimination du carbone. Enfin, des études suggèrent que les consommateurs, qui ont également un rôle à jouer pour faire de l'informatique durable une réalité, ont la capacité de contraindre les entreprises à prendre davantage en compte les questions de développement durable dans leurs politiques et décisions.

Selon une enquête de Deloitte, 67 % des consommateurs sont prêts à payer plus cher pour des produits durables. Un autre rapport de Deloitte indique que 97 % des cadres supérieurs ayant participé à l'enquête ont ressenti les inconvénients du changement climatique, ce qui indique qu'ils recherchent des solutions durables. Selon Deloitte, les dirigeants qui réfléchissent sérieusement à la question et procèdent aux ajustements nécessaires ont plus de chances d'être prêts à en récolter les fruits dans un avenir proche. Les consommateurs s'intéressent davantage aux questions de durabilité, ce qui pourrait avoir un impact sur les entreprises.

Sources : rapport de Fraunhofer IZM sur le Framework Laptop 2022 (PDF), rapport d'étude, Deloitte (1, 2) (PDF)

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous de l'impact environnemental du Framework Laptop 2022 ?
Selon vous, comment peut-on réduire la consommation d'énergie de l'industrie technologique ?
Peut-on réussir à alimenter l'industrie technologique uniquement grâce aux énergies vertes ?
L'IA dans sa forme actuelle peut-elle réellement aider à trouver des solutions de développement durable ?
Que pensez-vous des déclarations selon lesquelles le cloud permet de réduire les émissions de CO2 ?
Comment peut-on venir à bout des déchets électroniques ? Les politiques actuels contribuent-elles à cela ?
L'informatique durable est-elle un mythe ? Sinon comment les entreprises peuvent-elles atteindre ses objectifs ?
Quels rôles les décideurs politiques ont-ils à jouer dans l'atteinte des objectifs fixés par l'informatique durable ?

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