Dans 30 ans, le monde consommera beaucoup plus d’énergie qu’à l’heure actuelle. Cela devrait être une bonne nouvelle. En effet, plus un pays a accès à des sources d’énergie fiables et abordables, plus la qualité de vie y augmente. Toutefois, à l’heure actuelle, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès aux services énergétiques les plus élémentaires. L’énergie permet aux écoles et aux entreprises de fonctionner, aux villes d’être éclairées, aux tracteurs de labourer la terre et aux voitures et camions de circuler. Des experts notent que sans énergie abondante, le taux de pauvreté n’aurait pas chuté de plus de moitié depuis 1990, et des centaines de millions d’êtres humains auraient été privés de la possibilité d’améliorer leur existence. Il n’y aurait ni acier, ni engrais, ni ciment, ni bon nombre de ces autres matériaux qui rendent la vie moderne possible.Bien sûr, cette tendance énergivore de plus en plus marquée n’a pas que des avantages. Plus de 80 % de l’énergie que nous consommons aujourd’hui provient des combustibles fossiles, qui produisent des gaz à effet de serre et sont le moteur du changement climatique. Les scientifiques conviennent généralement que pour maintenir le réchauffement climatique sous la barre des deux degrés Celsius (à minima), les principaux émetteurs de dioxyde de carbone doivent réduire leurs émissions de 80 % d’ici à 2050, et que tous les pays doivent complètement cesser d’émettre du CO2 d’ici la fin du XXIe siècle.
La principale source d’émissions est de loin la production d’énergie, qui représente environ deux tiers des gaz à effet de serre résultant de l’activité humaine. Rationaliser l’utilisation de l’énergie peut être utile, mais pour réduire drastiquement les émissions mondiales de CO2 ou les éliminer, la solution la plus intéressante est de passer à des sources d’énergie qui n’émettent pas de dioxyde de carbone.
Pour Bill Gates, « L’accès à des énergies fiables et abordables devrait être une priorité même s’il n’y avait pas de problème climatique. De telles énergies aideraient des millions de personnes supplémentaires à s’affranchir de la pauvreté et à devenir plus autonomes. Elles apaiseraient les tensions internationales, renforceraient la sécurité mondiale et rendraient plus de pays autosuffisants en énergie. Elles ouvriraient de nouveaux débouchés économiques dans un secteur en pleine croissance représentant plusieurs billions de dollars. Elles atténueraient les problèmes associés à l’extraction des combustibles fossiles, opération coûteuse et souvent dangereuse. Elles réduiraient la pollution de l’air, responsable du décès de millions de personnes chaque année. Pour finir, elles stabiliseraient les prix de l’énergie, avec à la clé des retombées encore plus importantes sur l’économie mondiale à l’heure où nous sommes de plus en plus nombreux à dépendre de l’énergie au quotidien »
Et de préciser que :
« Cette opportunité est particulièrement évidente pour les pays en développement, pour lesquels l’impératif le plus immédiat consiste à assurer le fonctionnement des écoles et des hôpitaux et la croissance économique. Contraints de choisir entre une énergie propre et une énergie fiable et abordable, il serait tout à fait responsable de leur part de considérer que la santé et le bien-être de leurs habitants aujourd’hui passent avant les implications du changement climatique – qui sont lourdes de conséquences, mais dans un avenir incertain. Pour résoudre ce dilemme, nous devons rendre l’énergie fiable, abordable et propre.
« Autrement dit, passer à de nouvelles sources d’énergie n’est pas qu’une réponse avisée face à la menace du changement climatique : c’est aussi l’occasion de rendre le monde plus sûr et plus équitable ».
L’histoire des transitions énergétiques est éloquente : il faut plusieurs années pour mettre au point de nouvelles sources d’énergie, et plusieurs décennies pour qu’elles jouent un rôle significatif dans le bouquet énergétique. En 2015, moins de 5 % de l’énergie mondiale provenait des énergies renouvelables. Or, il a fallu quarante ans pour que la part du pétrole dans l’approvisionnement énergétique mondial passe de...
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